• juillet 21, 2024
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LA SANTE MENTALE N’EST PAS LA MALADIE MENTALE C’EST LE BIEN-ETRE C’EST L’AMOUR

LA SANTE MENTALE N’EST PAS LA MALADIE MENTALE C’EST LE BIEN-ETRE C’EST L’AMOUR

Durant de longues années, il a toujours été difficile de faire la différence entre la santé mentale et la maladie mentale, pourtant ces deux termes ne veulent pas dire la même chose. Le Dr Menguene Mviena Justine Laure, psychiatre à l’hôpital Jamot de Yaoundé, par ailleurs sous-directeur de la santé mentale au ministère de la santé publique et son équipe ont organisé dans la capitale du Cameroun un atelier sur la santé mentale à l’intention des journalistes.

LA SANTE MENTALE

Toute personne est un malade qui s’ignore, on peut avoir un problème de santé sans être un malade mentale. La santé mentale peut être assimilée au mal être qui est une forme de souffrance, alors que la maladie mentale obéit à certaines critères diagnostiqués. L’organisation mondiale de la santé, l’OMS définit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet à l’individu de se réaliser, de faire face aux difficultés de la vie quotidienne, d’être productif et utile à sa communauté. Quant à la maladie mentale c’est une affection ou une pathologie qui touche soit la sphère cognitive (intellectuelle), soit émotionnelle (affective), soit comportementale, ou les trois à la fois.

Le mal être c’est lorsqu’on a des problèmes de santé mentale on est dans un état de mal être. On peut être dans un état de mal être sans pour autant  souffrir d’une maladie mentale (perte d’un être cher ou d’un emploi, déception amoureuse, des difficultés professionnelles, conjugales, familiales…). Il faut dire que le mal être est dû aux facteurs biologiques, psychologiques, (stress, anxiété, angoisse, …) et sociaux( conflits, consommation des substances psychoactives qui se manifestent par l’insomnie, les céphalées, le mal des nerfs, l’agressivité, la colère, les pleurs. En clair, l’individu se sent mal, mais les examens cliniques et para cliniques ne donnent pas de résultats concrets, c’est donc un mal être qui pourrait s’aggraver  voire se compliquer en une véritable maladie mentale (dépression, schizophrénie).

LA PRISE EN CHARGE

Elle se fait en trois étapes :

  • La psychoéducation : on donne la bonne information de sa souffrance au malade et la conduite à tenir. Le mal être n’est pas un problème de sorcellerie, ni mystique, les problèmes de santé mentale sont dus au stress intense suite aux difficultés de la vie. Ne pas consommer d’alcool, de tabac, de cannabis ou de médicaments non prescrits dans l’espoir de se soulager car ils peuvent empirer les symptômes de mal être, pratiquer l’exercice physique et régulier, éviter les situations stressantes, bien manger.
  • Le traitement médicamenteux : on soigne les symptômes si nécessaire
  • Un suivi régulier : programmer et tenir des séances régulières de suivi en raison d’une fois par semaine pendant six semaines ou une fois par mois pendant trois mois ou encore une fois par trimestre pendant 9 à 12 mois.

CAS DES PERSONNES ATTEINTES D’UNE MALADIE MENTALE ET ERRANTES DANS LA VILLE DE YAOUNDE

Les personnes nues ou à moitié vêtues errantes dans les villes sans repères ont toujours été considérées comme des folles, sorcières, maudites, possédées, pourtant elles ont juste besoin d’un bon traitement pour s’en sortir. C’est pour cette raison qu’il est important d’informer et d’éduquer les malades, les familles et la communauté sur la problématique de la maladie mentale et des personnes atteintes de la maladie mentale et errantes (PAMME).  La psychose la plus récurrente et la plus importante est la schizophrénie  qui est une maladie comme le diabète. La prise en charge de la schizophrénie peut se faire en dehors des hôpitaux, par exemple dans les centres de soins de santé primaire. Les soins peuvent être donnés dans des services de soins de santé non spécialisés. Le traitement médical est simple et efficace, plus accessible que les soins spécialisés moins stigmatisant que les soins dans les hôpitaux psychiatriques. Cette maladie touche les deux sexes de tous les milieux sociaux âgés entre 15 et 25 ans. Le malade déclare entendre des voix qui menacent, insultent, donnent des ordres, harcèlent, il voit des choses bizarres, effrayantes, étranges, il a l’impression que quelque chose bouge ou marche dans son corps pour ne citer que ces cas d’hallucinations.

PRISE EN CHARGE DES PERSONNES ATTEINTES D’UNE MALADIE MENTALE ET ERRANTE

Pour donc prendre soin de ces personnes, la Communauté Urbaine de Yaoundé, le ministère de la santé publique, soucieux de leur bien-être, se sont mis ensemble et ont lancé le 05 mai 2021 le projet de sensibilisation de prise en charge communautaire des personnes atteintes d’une maladie mentale. Les agents sensibilisateurs  sont descendus sur le terrain couvrant les 7 arrondissements de la ville de Yaoundé dans l’optique de préparer les malades à recevoir un traitement psychiatrique et psychologique. C’est le 07 août 2021 que la toute première descente sur le terrain dans le 1er arrondissement de Yaoundé pour la prise en charge des personnes atteintes d’une maladie mentale a eu lieu avec l’administration des soins injectables et l’évacuation de certains malades vers le centre Jamot. Au total 68 ont reçu le traitement injectable, 02 patients ont été réticents, 03 ont reçu le traitement de relais, 06 ont été réticents et 02 patients hospitalisés selon les statistiques de la sous-direction de la santé mentale du ministère de la santé publique. Aujourd’hui l’Etat a réussi à récupérer 150 personnes atteintes de maladie mentale dans la rue, mais selon le Dr Laure Menguene, elles sont encore plus nombreuses à errer. Il est question de les recaser sur le site actuellement réaménagé par la Communauté Urbaine de Yaoundé qui appuie énormément la sous- direction de la santé mentale du ministère de la santé publique sur le plan financier. Il est souhaitable pour les familles de ne pas se moquer de ces personnes, ne pas les insulter, ne pas les stigmatiser, ne pas avoir peur d’elles, ne pas les filmer, communiquer avec elles et quand c’est possible les amener dans une formation sanitaire signe de solidarité.

Malgré l’insuffisance des ressources matérielles, les distances entre les différentes aires de santé dans les arrondissements, Dr Menguene est plutôt optimiste, elle et son équipe sont déterminées à sensibiliser les familles à ne plus abandonner leurs malades car des sites appropriés pour femmes et hommes seront aménagés pour ces derniers. Il est donc urgent de mener le plaidoyer pour la prise en charge hospitalière des cas ; assurer la protection des PAMME dans un environnement propice.

Signalons que la journée mondiale de la santé mentale se célèbre le 10 octobre de chaque année. Thème de l’édition de 2021 « Santé mentale et respect des droits ». Selon l’OMS, de nombreuses personnes en Afrique  et au-delà n’ont pas accès aux soins pour des problèmes de santé mentale. L’Afrique compte moins de deux agents de santé mentale pour cent mille personnes, alors que la moyenne mondiale est de 13 agents de santé mentale pour 100 mille personnes.         

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