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Clément Hervé Mbarga Manda, le directeur de Mival Bilingual School

Clément Hervé Mbarga Manda, le directeur de Mival Bilingual School

« L’amour des enfants, j’aime enseigner les enfants »

La 27ème édition de la journée internationale de l’enseignant se célèbre le 05 octobre de chaque année. Occasion pour la rédaction de Actu24.info d’aller à la rencontre d’un enseignant qui a déjà dix ans d’expérience.

Assis sur son bureau ce 05 octobre 2021, le directeur de Mival Bilingual School est fier de nous recevoir en ce jour où la planète entière célèbre l’enseignant sous le thème « les enseignants au cœur de la relance de l’éducation ».

Teint noir sur ses 1,70m, Clément Hervé Mbarga n’a pas choisi l’enseignement par aventure. Il s’est confié à Actu24.info : « Cela fait pratiquement dix ans que je suis dans l’enseignement et deux ans dans la direction. L’année passée j’étais directeur adjoint au groupe scolaire bilingue Mival et cette année j’ai été promu directeur de cette école. J’aime beaucoup les enfants, c’est l’amour que j’ai pour les enfants qui m’ont poussé à être enseignant, j’aime inculquer le savoir aux enfants et je me souci de leur avenir. J’aimerais  un jour voir l’un de mes élèves président de la république, premier ministre etc.. » .

Depuis dix ans que M.Mbarga Manda enseigne, c’est la classe du Cours Moyen 2 qui a toujours été son choix. Il a une bonne expérience au niveau 3.  L’enseignement pour lui c’est inné, selon ses dires il n’est pas entré dans cette profession pour chercher de l’argent. Il aime l’enseignement, il aime éduquer les enfants, bref il se souci du devenir de sa nation. « Quand j’éduque les enfants, je ne me contente pas seulement des cours qui sont dans les livres, je leur donne des conseils pratiques, comment vivre en société, le savoir-vivre ». 

Parmi les élèves, les cas difficiles ne manquent pas. A l’ENIEG nous révèle-t-il, on leur a appris plusieurs techniques, la didactique mais il y a des limites à ne pas franchir. Dans ce cas il y a des techniques personnelles à adapter avec l’esprit de créativité en prenant ces enfants comme les vôtres car à la maison tous les enfants ne sont pas pareils il faut savoir gérer chacun à sa manière, d’où opter pour des techniques traditionnelles. En réalité tout enfant a des capacités, des capacités et des aptitudes à développer, chaque enseignant doit donc apprendre la psychologie de l’enfant pour savoir comment l’encadrer, car un enseignant ne peut pas éduquer un enfant sans toutefois le connaître.

Moments difficiles pendant son parcours, Clément Hervé Mbarga Manda en sait quelque chose, il s’en souvient comme si c’était hier : « C’était ma première année, je m’inquiétais beaucoup pour le suivi des enfants, une inquiétude qui a engendré un surmenage parce que je n’avais pas d’expérience. Je suis tombé malade pendant une semaine. Je me demandais est ce qu’ils vont réussir ? Finalement plus de peur que de mal, je me suis tellement donné au point que j’ai eu une réussite de 100% au concours d’entrée en 6ème et au CEP, c’était la première fois que cette école avait 100%. Tous les enfants ont réussi dans une école dans le 4ème arrondissement de la ville de Yaoundé. Une fierté pour moi, c’était fantastique ».

Quant à l’administration, c’est une nouvelle expérience pour ce jeune directeur de Mival Bilingual School : « C’est difficile d’avoir 24 personnes face à vous, 24 esprits différents et vous êtes seul à gérer, il faut être rigoureux et regardant dans le travail. A ce moment-là il n y a pas d’amis, l’amitié c’est après le travail.  Si vous êtes mon collègue depuis des années, même ma femme avec qui je travaille dans cette école, quand c’est le travail, c’est le travail. Il faut être vraiment strict et bien regarder le règlement intérieur de l’enseignant, le dress code, la discipline, la ponctualité ».

Depuis dix ans que Clément Hervé exerce dans l’enseignement, il a toujours évolué dans le secteur privé, le groupe scolaire bilingue Mival est sa deuxième école. La fonction publique n’est pas une obsession pour lui, les gens se bousculent certes mais M. Mbarga Manda a d’autres priorités.  Le thème de cette année « les enseignants au cœur de la relance de l’éducation»  est du reste évocateur. Selon M. Mbarga l’enseignant c’est l’architecte de la nation,  c’est lui qui donne la vie, en clair tout passe par l’enseignant surtout la base. « On voit comment la jeunesse se meurt, les jeunes sont devenus de grands consommateurs de drogues, tout cela parce-que l’enseignant  est désespéré, il est vulnérable, il subit tellement de traumatismes au point qu’il n’exerce plus le métier de l’enseignement avec amour, il est devenu passif. L’enseignant doit prendre son rôle au sérieux et redorer le blason de l’éducation dans son pays. Nous travaillons beaucoup dans le secteur privé, nous nous appliquons au quotidien, j’ai constaté que quand on travaille bien on bénéficie des encouragements du promoteur. J’exhorte d’ailleurs mes jeunes frères que lorsqu’ils enseignent, pour un début ne pas regarder l’argent mais regarder les enfants qu’ils ont  face à eux car quand ces enfants deviennent des dirigeants demain, ils sont fiers et  verrons comment Dieu va les bénir ».

L’avenir de l’enseignant au Cameroun, Clément Hervé Mbarga espère que le statut de l’enseignant tant du secteur public que privé va s’améliorer. Une relance ne peut pas être effective si l’enseignant a faim, si l’enseignant ne se vêtit pas, si l’enseignant est malade. L’enseignant a besoin d’un moral d’acier pour inculquer la savoir, en vérité seuls ceux qui ont une véritable vocation feront des années dans ce noble métier pour arriver à l’émergence 2035 tel que souhaité par le président de la république.

En nous séparant après cet entretien d’une dizaine de minutes, Clément Hervé conclut : « l’enseignement est un métier noble, enseigner est un sacrifice et quand tu fais un sacrifice, Dieu te bénit à travers tes enfants. Bien enseigner les enfants des autres est une bénédiction car lorsque ces enfants parlent bien de vous, vos propres enfants sont ainsi bénis. Ne jamais se décourager quand on enseigne, mais aimer toujours ce qu’on fait. »

 Le tout jeune directeur de Mival âgé de 35 ans, marié et père de trois enfants,  remercie le Bon Dieu d’être à Mival, remercie son promoteur qui lui a fait confiance pour le bon travail abattu, remercie ses collègues et tous les parents du groupe scolaire bilingue Mival. Signalons que Clément Hervé Mbarga qui a tenu les élèves du CM1 et CM2 de Mival au cours de l’année scolaire 2020/2021 qui ouvrait ainsi ses portes, a réussi une fois de plus à un résultat de 100% au concours d’entrée en 6ème et 100% au CEP. Un baptême de feu réussi pour une première année dans cette nouvelle école. 13 présentés, 13 admis. L’homme de 100% pourrait-on l’appeler. Félicitations à cet homme qui a encore du chemin dans l’enseignement, un avenir radieux à coup sûr pour cet enseignant plein d’amour.

 

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