• mai 25, 2024
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Coupures intempestives d’électricité, l’eau potable une denrée rare, le gouvernement propose des solutions

Coupures intempestives d’électricité, l’eau potable une denrée rare, le gouvernement propose des solutions

Le ministre de l’Eau et de l’Energie était face à la presse ce 31 mars 2022 à Yaoundé. Gaston Eloundou Essomba a pendant près de deux heures au cours d’une conférence de presse énuméré les mesures prises par le gouvernement pour améliorer l’approvisionnement en eau et en électricité au Cameroun.

Les difficultés d’accès à l’eau potable et en fourniture d’énergie électrique ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis des lustres le gouvernement promet monts et merveilles aux populations mais rien ne change. On a plutôt l’impression que la situation va de mal en pis. Et pour cause selon les propos du ministre de l’eau et de l’énergie, il ressort de l’exploitation des données que les principaux points d’attention dans ces deux secteurs sont : le déséquilibre entre l’offre et la demande ; les contraintes dans le secteur du transport et de la distribution. Au cours de la période de 1990-2010, la population du Cameroun a augmenté de 54% alors que les capacités de production, de transport et de distribution n’ont pas suivi la même tendance. Que faire donc pour remédier à la situation ?

Il faut dire que certains équipements de transport et de distribution sont aujourd’hui surchargés, notamment les transformateurs qui sont sollicités au-delà de leur capacité. Cette situation engendre des déclenchements des lignes, suivis des rationnements (délestages).

Des interruptions de courant interviennent également lorsqu’il y a des travaux de maintenance sur les lignes de transport.

Au ministre de l’eau et de l’énergie de déclarer : « Dans le domaine de la distribution de l’électricité, l’une des causes des délestages résulte de la chute des poteaux bois utilisés par le concessionnaire ENEO. En effet, 60% sur un parc de 1 300 000 poteaux sont à remplacer sur l’ensemble du territoire national. Face à ce problème, le gouvernement a décidé d’opter pour un remplacement systématique des supports en poteaux bois des lignes moyenne tension par des supports en poteaux béton. C’est ainsi qu’environ 31 000 poteaux béton ont été installés entre 2019 et février 2022 ».

Au Cameroun il existe trois types de réseau :

  •  Le Réseau Interconnecté Sud (RIS) qui est constitué de six régions méridionales (le Centre, le Littoral, l’Ouest, le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et le Sud), a l’avantage de disposer d’un énorme potentiel en matière d’hydroélectricité, de loin la principale source de production d’électricité au Cameroun. L’essentiel de ce potentiel se trouve dans le bassin versant de la Sanaga où de grands projets hydroélectriques ont été réalisés ou sont en cours de réalisation.
  • Le Réseau Interconnecté Nord (RIN) quant à lui couvre les trois régions septentrionales (l’Adamaoua, le Nord et l’Extrême-Nord).

Le Barrage hydroélectrique de Lagdo, principal ouvrage de production de l’énergie électrique, est celui qui garantit la stabilité du système électrique dans ledit réseau. Il est appuyé par les centrales thermiques de Garoua-Djamboutou, Ngaoundéré, Maroua, Guider et Kousseri.

  • Le Réseau Interconnecté Est (RIE) couvre uniquement la région de l’Est. Il ne dispose pas encore d’ouvrage hydroélectrique et est confronté à un problème de sous capacité de la centrale thermique de Bertoua qui alimente principalement la Région.

Ce qui veut dire que la fourniture d’énergie se résolve par réseau. Pour adresser la question de déficit structurel entre l’offre et la demande de production en électricité, la stratégie du Gouvernement consiste à développer dans l’urgence plusieurs ouvrages importants révèle Gaston Eloundou Essomba : « C’est ainsi qu’on va assister à un accroissement de l’offre de production basée principalement sur des solutions thermiques. C’est le sens de la mise en service des centrales thermiques de Limbé d’une puissance de 85 MW (pour soutenir la demande dans les Régions du Sud-Ouest, du Littoral et du Nord-Ouest), de Bamenda (20 MW), de Dibamba à Douala 86 MW, d’Ahala à Yaoundé (60 MW), de Mbalmayo (10 MW) et d’Ebolowa (10 MW) et de la centrale à gaz de Kribi (216 MW). Cependant, conscient des coûts onéreux de la production à partir des centrales thermiques, l’Etat s’est résolu à développer une stratégie d’accroissement de l’offre de production à partir de l’hydroélectricité à travers les projets de Lom Pangar, Memve’ele (211 MW), Mekin et Nachtigal ».

C’est ainsi que le barrage réservoir de Lom Pangar, qui dispose effectivement de 6 milliards de mètres cubes d’eau, joue pleinement son rôle aujourd’hui dans le système électrique, consistant à assurer la régulation du débit du fleuve Sanaga en vue de garantir une optimisation de la production des centrales hydroélectriques situées en aval.

Le ministre de l’eau et de l’énergie esquisse des solutions aux délestages et l’approvisionnement en eau potable

Quant à l’approvisionnement en eau potable, il est assuré par des ouvrages de mobilisation et des systèmes de distribution qui diffèrent, selon que l’on se trouve en milieu urbain et périurbain ou en zone rurale. S’agissant du milieu urbain et péri-urbain, il est constitué de 213 centres confiés à la CAMWATER par l’Etat du Cameroun dont 116 sont exploités. Ainsi, il a été question pour la ville de Douala, de la mise en service de la mise en service de la station de production de Yato 2 en 2014 et de onze forages d’exploitation pour une production supplémentaire de 130 000 m3/jour soit une augmentation de près de 130% des capacités installées en 2014.

Au niveau de la ville de Yaoundé, les travaux de renforcement de la desserte en eau ont permis l’extension de la capacité de production de la station d’Akomnyada et la réhabilitation de la station de la Mefou portant la capacité opérationnelle de 100 000 m3/jour à 185 000 m3/jour. Soit une augmentation de 85% entre 2014 et 2018.

Pour l’heure, le Gouvernement est en train de mettre en œuvre un important Projet d’Alimentation en Eau Potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (PAEPYS) dont l’achèvement des travaux est prévu pour fin 2022.

Ce projet permettra d’apporter une production supplémentaire de 300 000 m3/j, extensible à 400 000 m3/j. Sa réalisation à bonne fin permettra de combler largement le déficit en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs au cours des prochaines décennies.

Notons également qu’un projet de même envergure est en cours de maturation pour la ville de Douala.

Et au ministre Gaston Eloundou Essomba de parler de la perspective, pour résorber le déficit en eau potable à l’horizon 2035 : « Le Gouvernement prévoit de mener un certain nombre d’actions en milieux urbain et péri-urbain ainsi qu’en milieu rural.

S’agissant du milieu urbain et péri-urbain, il s’agira entre autres de l’alimentation en eau potable de la ville de Douala et de ses environs à travers le fleuve Wouri, pour apporter un supplément d’eau potable de 400 000 m3/Jour, le Chef de l’Etat a déjà donné des instructions dans ce sens ; la construction de nouveaux ouvrages de stockage et l’extension des réseaux de distribution d’eau potable dans les grandes villes du Pays ».

Autant de solutions, projets qu’on espère prospères, mais surtout que les populations soient véritablement soulagées de ces délestages et puissent aussi accéder facilement à l’eau potable, un liquide de plus en plus inaccessible et impropre à la santé des populations. Le gouvernement a le dernier mot, les résultats attendus d’ici quelques années.  

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