Jean-Paul Millier, président de l’Association Aveugle Sans Frontière ; Bertrand Laine, vice-président de l’Association Voir Ensemble et Marie Annick Monchantre, administrative de l’Union française de Showdown tous non-voyants, ont participé au séminaire axé sur l’appropriation des instruments juridiques de promotion et de protection des droits des personnes handicapées ratifiés par l’Etat du Cameroun organisé par l’Association Nationale des Aveugles du Cameroun (ANAC). Actu24.info les a rencontrés.
En France, les efforts sont faits par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie des personnes handicapées sur le plan de l’éducation, au niveau de l’acquisition du matériel spécialisé entre autres. Mais Jean-Paul Millier, déficient visuel pense que beaucoup reste à faire : « On a l’impression que les fonds investis pour les personnes handicapées diminuent, on invoque la crise économique, on invoque les difficultés, l’endettement de la France. C’est pour cette raison que moins de choses sont faites, le braille a disparu. Au Cameroun lorsque nous avons donné notre soutien scolaire il y a dix ans, je trouvais que les enfants étaient très motivés à apprendre le braille, et j’ai constaté que le niveau scolaire du Cameroun est supérieur à la France ».
Marie Annick Monchantre est elle aussi non-voyante, elle est administrative de l’Union française de Showdown depuis trois mois, elle participe aux réunions du conseil d’administration, elle ne fait pas grand-chose. Comment vit-elle son handicap en France ? : « Mon quotidien est semé d’embuches, nous n’accédons pas facilement à certaines choses comme le transport en commun, les trottoirs au niveau des rues. Les feux vocalisés sonores sont activés avec une télécommande. Malgré l’utilisation de la canne blanche, le déplacement reste compliqué. Moi j’ai la chance de bénéficier d’un chien de guide pour personnes non-voyantes. Ce chien m’aide beaucoup ».
En France comme partout ailleurs, il serait souhaitable que les personnes en situation du handicap puissent accéder facilement aux lieux publics, aux bâtiments dans l’optique d’être autonomes.
Parlant du séminaire, Marie Annick a apprécié toutes les communications, elles ont été instructives et enrichissantes selon elle.
A Bertrand Laine de poursuivre : « Ce séminaire a été très bien organisé, les interventions sont intéressantes, j’ai appris beaucoup sur la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, sur le traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des textes imprimés ou œuvres publiées, que je ne maitrisais pas vraiment ».
Des communications certes intéressantes, mais l’avenir de la personne handicapée dans le monde est loin d’être radieux. Du côté de l’occident il serait souhaitable d’améliorer le transport de ces personnes vulnérables, l’accessibilité des locaux publics, le braille de moins en moins enseigné en France pourtant c’est capital pour les non-voyants. En France c’est l’audio et le numérique qui jouent ce rôle. Que dire du coût du matériel spécialisé ? Les prix sont exorbitants. En France les personnes handicapées doivent être recrutées, la loi sur l’emploi a un taux estimé à 6% ; mais les entreprises ne respectent pas cela, une majorité est sans emploi. 50% de personnes non-voyantes sont ainsi au chômage. Lésées ces personnes ne sont pas prises en compte dans la formation pourtant elles ont des compétences. Il y a des centres spécialisés mais les formations ne sont pas toujours adaptées au monde du travail pour qu’il y ait des débouchés.

Bertrand Laine reconnait que la loi de 2005 en France a apporté le quota de 6%, des aides financières par des organismes étatiques pour aider les personnes en situation du handicap pour vivre librement dans la société.
Les personnes handicapées et valides ont donc ainsi le devoir de continuer à sensibiliser les personnes autour d’elles où qu’elles soient, Europe, Afrique, Asie, Amérique, afin que le regard de la société change sur la personne handicapée qui n’est pas une personne à part, mais à part entière.

