• mai 20, 2024
  • Last Update mai 12, 2024 5:32 pm
  • yaoundé

La terre un enjeu de production mais aussi un enjeu identitaire

La terre un enjeu de production mais aussi un enjeu identitaire

La semaine du Foncier au Cameroun lancée à Yaoundé par le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, Henri Eyebe Ayissi. A ses côtés une bonne fourchette de personnalités. Le thème retenu pour la semaine du Foncier est « Gouvernance locale au Cameroun : innovations et perspectives ».

Du 14 au 18 novembre, les participants représentés par les administrations, les OSC (Organisations de la Société Civile), les leaders communautaires, les secteurs privés, les chefs traditionnels, les parlementaires discutent, échangent, dialoguent pour voir dans quelle mesure ils peuvent contribuer à la gouvernance foncière au Cameroun.

Les chefs traditionnels jouent un rôle capital sur la sécurisation et la gestion des terres. Sa Majesté Charlotte Abega, chef du village de Nkolonana dans l’arrondissement de Monatélé, dans le département de la Lékié, région du Centre est participante : « Les chefs traditionnels sont prioritaires, nous sommes à la base parce que nous vivons constamment les conflits qui existent entre individus sur la gestion des terres. Parfois dans une famille, une personne prend la responsabilité de titrer le terrain sans informer une tierce personne, pourtant ils sont nombreux dans la famille, c’est ainsi que les problèmes commencent. La terre est venue gâter le monde. Nous en tant que chefs, on se bat, nous sommes là pour la réconciliation. Il y a d’autres qui refusent l’arrangement à l’amiable, préfèrent partir en justice, ils veulent montrer qu’ils ont l’argent ».

Sa Majesté Charlotte Abega

La semaine du foncier est donc une opportunité pour les chefs traditionnels de s’instruire davantage au regard des souffrances subies au village lors des conflits. Selon Sa Majesté Charlotte Abega, le ministre des Domaines du Cadastre et des Affaires Foncières a bien fait de les associer.

Pour le CED, Centre pour l’Environnement et le Développement, les chefs traditionnels sont incontournables. Samuel Nguiffo, SG du CED explique : « La chefferie traditionnelle est une institution qui traditionnellement gère la terre et les ressources au niveau local, mais qui n’a pas véritablement ce rôle là dans la législation. Ce sujet figure d’ailleurs parmi les discussions, il y a des propositions claires qui demandent d’avoir un rôle accru d’un chef traditionnel et un rôle de contrôle de l’administration territoriale (préfets et sous-préfets), et pas comme on l’a fait jusqu’aujourd’hui, un rôle marginal du chef traditionnel et un rôle central de l’administration territoriale. On propose inverser cela dans la réforme en cours ».

Il faut dire que ce n’est pas par hasard qu’un accent particulier est mis sur la gouvernance locale. C’est au niveau local que les problèmes surgissent, le foncier se gère au niveau local, les décisions sont prises au niveau central, mais le foncier quoi qu’on dise se gère au niveau local. Les acteurs locaux doivent donc exprimer leurs préoccupations aux décideurs, les personnes qui décident sur le plan national, du type de défi auquel ils font face et les solutions attendues. Quant à l’État déclare Samuel Nguiffo, il devra partager avec les acteurs locaux ce qu’il envisage faire pour avoir un retour de leurs expériences tout en ajustant leur décision.

Plusieurs problématiques sur le tapis de la semaine à savoir : dialogue gouvernement-parlement sur les concessions foncières à grande échelle au Cameroun : bilan et perspective dans le cadre de la réforme foncière et domaniale ; la problématique de la confection du cadastre au Cameroun : enjeux et défis ; l’impact des pesanteurs coutumières et culturelles sur l’accès de la femme à la propriété foncière entre autres sujets.

Le ministre Henri Eyebe Ayissi a tenu à préciser dans quel contexte la semaine du Foncier a été lancée : « Il s’agit d’une démarche de collecte de contributions permettant la finalisation des grands chantiers de la réforme foncière et domaniale prescrite par le président de la république de façon à disposer d’une loi, cadre juridique globale permettant de créer des opportunités de développement qui soit adapté au contexte d’aujourd’hui. La finalisation du grand chantier du travail en cours ou l’élaboration de la nouvelle législation foncière au Cameroun requiert que les contributions des uns et des autres soient consignées, recueillies à travers des temps forts comme ces moments d’échanges ».

Les acteurs locaux sont ainsi les principales cibles de cette semaine du Foncier édition 2022 qui a une approche globale sur l’ensemble des problématiques. Pour les concessions, le choix a été fait d’évaluer la pratique pour éviter qu’avec les grandes superficies côtoyées, les communautés locales ne puissent manquer d’espaces, non seulement vitales mais aussi pour le développement de leurs activités.

Le patron du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF) souhaite que par des innovations, des propositions innovantes, à travers des contributions des uns et des autres, on offre de meilleures perspectives pour que la gouvernance tant au plan national qu’au plan local offre véritablement les opportunités de développement.

Au terme de cette semaine du Foncier, il reste à espérer que les recommandations, les propositions et les solutions seront faites. Toutefois l’objectif majeur sera d’améliorer le texte de la réforme foncière actuellement en gestation.

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