Un atelier d’information, de partage et de consultation à l’endroit des acteurs du secteur privé s’est tenu le 14 avril 2026. C’était dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’aménagement du corridor Douala-Bangui, avec l’appui de plusieurs bailleurs de fonds dont la Banque Mondiale. Cette rencontre avait pour but majeur d’évaluer l’intérêt des acteurs du marché pour le projet, recueillir leurs observations sur les principales exigences, les risques et les opportunités, mais aussi identifier des partenaires potentiels capables de proposer des solutions innovantes pour la réalisation des travaux.
Le ministère des Travaux publics par la voix du patron des lieux a présenté le programme d’aménagement aux partenaires privés mardi dernier. Une réflexion sur l’optimisation de la structuration du projet avant le lancement d’un éventuel appel d’offres a été faite. Présidée par le Maître d’ouvrage, le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, la session a donné l’occasion au Directeur Général des Études Techniques de préciser que cette phase est essentiellement consacrée au partage d’informations et à la collecte d’idées. Il a tenu à souligner que cet atelier ne constitue pas le démarrage officiel du processus de passation des marchés et que la participation n’accorde aucun avantage dans le cadre de la sélection future.

En réalité, le corridor concerné couvre plusieurs sections stratégiques, notamment, la route Yaoundé-Douala (215 km), pour laquelle une reconstruction est envisagée ; les sections Yaoundé–Ayos–Bonis (332 km) et Bonis–Bertoua–Garoua-Boulaï (253 km), qui feront l’objet de travaux de réhabilitation. La mise en œuvre de ce programme bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires, parmi lesquels la Banque mondiale, la Banque islamique de développement (BID), l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement (BEI). Ce projet s’inscrit dans les orientations du Président de la République, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2030, ainsi que du programme spécial de relèvement du réseau routier. Selon le Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi, ce programme est conçu pour répondre à la fois aux attentes des usagers de la route et à celles des populations vivant dans les zones d’influence du projet.

Pour le Directeur Général des Études Techniques du MINTP, la tenue de cet atelier était capital car il a permis de recueillir les propositions du secteur privé:” Les informations obtenues vont permettre de restructurer le projet, le rendre plus viable, attractif”, a martelé Donnat Takete. Dans le but de susciter une forte implication des entreprises de construction et des bureaux d’études, le Coordonnateur de la Cellule des projets routiers à financements conjoints a soumis une série de préoccupations aux participants. Parmi eux, le directeur du cabinet d’études Beta Consult et président de l’Association professionnelle des ingénieurs conseils du Cameroun, Francis Happy, qui a apprécié ce partage d’informations qui sera vraiment utile pour les prochaines étapes. Les différentes préoccupations ont été posées, les réponses sont donc attendues dans les jours à venir, dans une dynamique de co-construction du projet avec l’ensemble des parties prenantes.

Les contributions attendues portent entre autres sur les méthodes de passation de marchés les plus adaptées ; les facteurs influençant la décision de soumissionner (taille des marchés, délais, conditions contractuelles, etc.) ; les incitations contractuelles susceptibles de stimuler la participation (avances, primes de performance, etc.) ; les principaux risques liés à ce type de projet et les mesures d’atténuation à envisager ; les leviers d’amélioration de l’attractivité des marchés ;ainsi que les modalités de valorisation des couches de chaussée existantes.

