À l’occasion de la 53e édition de la Journée mondiale de l’environnement qui se célèbre ce 5 juin 2026 célébrée sous le thème « Maintenant pour le Climat », la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) a lancé un appel pressant en faveur d’une mobilisation collective pour faire face aux défis environnementaux et climatiques qui menacent le pays.
By Myriam Djamen
Dans sa déclaration, la CDHC rappelle que la protection de l’environnement constitue un droit fondamental étroitement lié à la dignité humaine, à la santé et au droit à la vie. S’appuyant sur la jurisprudence de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples, elle souligne que les États ont l’obligation de prévenir la pollution, de préserver les ressources naturelles et de promouvoir un développement durable.
L’institution relève également que la justice camerounaise a progressivement intégré les enjeux écologiques dans sa jurisprudence. Elle cite notamment l’arrêt rendu par la Cour suprême dans l’affaire État du Cameroun c. Société forestière Hazim et compagnie (SFH & Cie) et autres, qui a consacré la responsabilité des acteurs économiques en cas de non-respect des normes de gestion des ressources naturelles.
Des avancées saluées, mais des menaces persistantes
La Commission salue les efforts consentis par les pouvoirs publics pour renforcer l’action climatique nationale. Elle met en avant l’augmentation du budget du ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (MINEPDED), passé de 11,58 milliards de FCFA en 2025 à 14,16 milliards de FCFA en 2026, soit une hausse de 22,28 %.
Toutefois, la CDHC exprime sa vive préoccupation face à la dégradation continue de plusieurs écosystèmes. Elle dénonce notamment le grave désastre environnemental affectant actuellement le fleuve Wouri, conséquence des rejets industriels non traités, des hydrocarbures, des déchets domestiques et des produits chimiques dangereux. Selon la Commission, ces pollutions compromettent durablement les équilibres écologiques et la biodiversité aquatique.
L’institution s’inquiète également de l’impunité dont bénéficieraient certains acteurs privés des secteurs minier, forestier et agro-industriel, malgré leur contribution importante à la pollution et aux émissions de gaz à effet de serre. Elle souligne par ailleurs que la corruption demeure un obstacle majeur à la gestion durable des ressources naturelles.
Des recommandations pour renforcer la résilience climatique
Face à ces défis, la CDHC recommande au Gouvernement et aux collectivités territoriales décentralisées d’accroître les investissements dans les infrastructures d’adaptation aux changements climatiques. Elle préconise notamment le développement des systèmes de drainage, des ouvrages de protection contre les inondations et l’aménagement durable des zones urbaines fortement peuplées.
La Commission invite également les citoyens à adopter des comportements écoresponsables. Elle les exhorte à mieux gérer leurs déchets, préserver les espaces verts, respecter les règles d’urbanisme et les normes de construction, tout en signalant aux autorités compétentes les pratiques susceptibles de porter atteinte à l’environnement.
À travers cette déclaration, la CDHC réaffirme que la lutte contre les changements climatiques ne relève pas uniquement de la responsabilité des pouvoirs publics, mais nécessite l’engagement de l’ensemble des acteurs de la société afin de garantir aux générations présentes et futures un environnement sain et durable.

