• janvier 23, 2026
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Cameroun : Village Balekouet – Une destination à explorer !

Cameroun : Village Balekouet – Une destination à explorer !

Situé dans l’arrondissement de Nkong-ni, département de la Menoua, région de l’Ouest au Cameroun, Balekouet se révèle être bien plus qu’un simple village.

By J. N.

Sous l’égide de Sa Majesté le Chef Balekouet, cette chefferie de deuxième degré est devenue un sanctuaire vivant de la culture Bamiléké et un laboratoire de développement, mêlant avec brio le respect d’un riche héritage ancestral et une vision résolument tournée vers la modernité. Comme l’explique René Demanou Mooh Tekandong, notable en charge des affaires culturelles, Balekouet prouve que l’identité peut s’épanouir au croisement des traditions et de l’avenir.

Les racines profondes et la volonté de perpétuation

L’histoire de Balekouet, dont le nom signifie « la maison des montagnes”, est celle d’un peuple de « conquérant, des battants » qui avancent malgré les difficultés. L’âme du village vibre au rythme de ses danses et musiques traditionnelles, piliers de l’identité Bamiléké. Des danses sacrées comme le Kùfo (danse du chef) et le Kunga (réservé aux sorties majestueuses), ainsi que le Kunga du Kufo chanté par les épouses du chef, soulignent l’importance des rituels et de la dévotion à la royauté.

Face à la tentation de l’abandon chez les jeunes, la chefferie agit de manière proactive pour éviter de : « perdre notre culture totalement », précise Joseph Bowen, prince Balekouet. Des séances d’apprentissage sont régulièrement organisées, initiant les nouvelles générations aux secrets du tam-tam et du balafon. Le chef incite activement les jeunes à côtoyer les anciens pour copier et perpétuer les gestes et mélodies d’antan.

Au cœur de cette tradition musicale se trouve le discret et emblématique « roi des tambours », décrit comme le véritable « monument de la chefferie ». Son rôle est à la fois musical et spirituel, essentiel à l’équilibre de la communauté, au point que  s’il ne donne pas son signal, aucun son ne peut apparaître dans ce village .

Le musée, mémoire et trésor d’un peuple conquérant

Le patrimoine de Balekouet est jalousement conservé au sein de son musée, une œuvre en gestation depuis plus de 18 ans. Abritant plus de 2000 objets, il témoigne de l’ancienneté et de l’étendue de la culture locale. Des masques vieux de 50 à 100 ans, hérités des « parents, des arrière-parents », côtoient des acquisitions et des dons, illustrant le rôle du chef comme « un homme très culturel » impliqué dans l’enrichissement continu de cette collection. L’ouverture et le rayonnement de la chefferie sont d’ailleurs attestés par l’arrivée d’objets venant d’autres régions. Ce musée est l’un des piliers de la vision futuriste du Chef, dont l’ouverture complète est attendue pour coïncider avec sa retraite administrative, assurant la pérennité et l’accessibilité de cet héritage.

La chefferie elle-même, bâtie sur sept hectares, est la matérialisation de la vision du Chef Balekouet, qui en est le concepteur, visant à offrir un environnement « très potable » au village. L’aigle, emblème de Balekouet, symbolise la volonté du peuple « d’aller toujours en avant » et d’être « conquérant ».

L’impulsion du développement : sortir de l’obscurantisme

Le développement de Balekouet sous la houlette du Chef actuel est spectaculaire. Alors qu’il était auparavant un village « assez enclavé, assez retiré », il est aujourd’hui sorti de « l’obscurantisme pour être dans la lumière ». Les populations, qui vivent principalement de l’agriculture (pommes, patates, maïs, choux, etc.) et de l’élevage, bénéficient désormais du minimum requis. Le village est désormais largement électrifié, il dispose d’un hôpital et a un accès à l’eau. L’ambition de l’élite est d’en faire une « référence en termes de bien-être et de savoir-faire au Cameroun ».

Le chantier est immense et les projets de développement, portés par le dynamisme du Chef et l’implication des élites, incluent l’électrification triphasée, la construction d’une centrale électrique, l’assainissement et le bitumage des routes. Le village est toutefois encore confronté à des défis, comme l’état des routes qui rend l’évacuation sanitaire difficile sur les trois kilomètres qui séparent Balekouet de l’axe routier principal.

Culture, sport et éducation : les « Vacances Utiles »

La vision du Chef ne se limite pas aux infrastructures; elle est profondément sociale et éducative. Le concept de « Vacances Utiles Balekouet 2025 », parrainé par Sa Majesté, est un exemple parfait d’intégration de l’héritage culturel dans le développement communautaire. Cet événement rassemble près de mille personnes autour de l’apprentissage de « bonnes règles » et d’un investissement humain et culturel.

Au-delà du très suivi Festi Foot Vacances, qui a réuni 10 équipes de 17 quartiers cette année, les activités connexes sont multiples : initiation au Teakwondo, ateliers de fabrication de savon liquide, et, point crucial, l’apprentissage de la langue maternelle (le Yémba), la langue générale de la Menoua. Le chef apporte un « appui à la fois financier et matériel » et distribue des kits scolaires pour souligner que « l’école est la clé de tout ». La création d’une école maternelle en est la preuve tangible. Le dynamisme est également numérique, avec une plateforme en ligne mise en place pour appeler tous les filles et fils de Balekouet, et au-delà, à partager la vie et le développement du village.

Balekouet, « maison des montagnes » et chefferie de deuxième degré située dans le groupement Baleveng, est aujourd’hui un modèle où la fierté des traditions Bamiléké est le socle d’un avenir structuré et prospère. Son engagement en faveur de la jeunesse, son patrimoine inestimable et ses projets d’infrastructures ambitieux en font un foyer culturel dynamique et un village résolument tourné vers la lumière.

J. N.

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