Le 20 novembre 2025, une effervescence particulière régnait dans l’amphithéâtre 200 de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de l’Université de Yaoundé I (ENSPY). Étudiants en quête de repères, enseignants curieux et professionnels passionnés se sont donnés rendez-vous pour assister à une conférence singulière : « Création, Management et Leadership d’une Entreprise Camerounaise à Succès : Cas de la Société François Santé – Bome François ». Une rencontre où l’entrepreneuriat quittait les manuels académiques pour prendre la voix et le visage d’un homme : Ekouma Ananga François.
Myriam Djamegne
Depuis sa création en 1971, l’École Nationale Supérieure Polytechnique s’est imposée comme la matrice des élites scientifiques du Cameroun. Sous l’impulsion du Recteur Pr Remy Magloire Etoua et du Directeur Pr Ayissi Raoul. L’établissement s’est engagé dans une refonte de son approche pédagogique. À l’heure où les exigences du marché évoluent à vitesse accélérée, l’école souhaite bâtir des ponts solides entre théorie et pratique, afin de préparer des ingénieurs capables de naviguer dans des environnements professionnels complexes. L’introduction du système Licence-Master-Doctorat (LMD), associée à une orientation vers l’immersion en entreprise, s’inscrit exactement dans cette dynamique.
La conférence de ce jeudi participait à cette ambition : offrir aux étudiants un éclairage concret sur les réalités de l’entrepreneuriat au Cameroun. Les intervenants ont rappelé combien il est crucial, aujourd’hui plus qu’hier, de cultiver des liens forts entre institutions de formation et monde économique. Dans un pays où les défis se mêlent aux opportunités, la collaboration avec des entrepreneurs chevronnés permet d’enrichir la formation, de provoquer des déclics, et de nourrir l’esprit d’innovation.
Au cœur de l’événement, François Ekouma Ananga, fondateur du « Bome François », a su captiver l’auditoire. D’une voix posée mais empreinte d’assurance, il a déroulé les étapes d’un parcours semé d’obstacles, d’hésitations, mais surtout de résilience. Il a raconté comment une idée, simple en apparence, a évolué jusqu’à devenir un produit apprécié et reconnu. À travers son récit, les étudiants percevaient non seulement l’ampleur des défis à relever dans l’écosystème entrepreneurial camerounais, mais également la possibilité réelle de bâtir la réussite sur leur propre sol.
Son intervention avait la force de ces histoires vraies, où la persévérance prend le dessus sur les doutes, et où la créativité devient la meilleure alliée d’une vision stratégique. Il a insisté sur les compétences indispensables : savoir communiquer, fédérer, gérer les imprévus, et construire un réseau capable de soutenir les phases les plus délicates de l’aventure entrepreneuriale.
Les échanges ont également mis en lumière la complexité du marché local : entre difficultés administratives, besoin de financement, concurrence croissante et nécessité d’adaptation permanente. Mais dans le même souffle, ils ont révélé un paysage riche d’opportunités, surtout pour ceux qui osent, expérimentent et apprennent de leurs erreurs.
Au terme de cette journée, un constat s’imposait : la conférence avait ouvert bien plus qu’un dialogue. Elle avait créé un véritable espace d’inspiration. Les étudiants ressortaient avec des regards transformés, nourris par un récit authentique et des enseignements concrets. Ils semblaient désormais mieux équipés pour envisager l’avenir avec audace, détermination et lucidité.
En réunissant savoir académique et expérience de terrain, l’ENSPY a réussi à offrir une plateforme où se forge une nouvelle génération d’innovateurs. Une génération prête à embrasser les défis du développement socio-économique du Cameroun, et à écrire, à son tour, les success stories de demain.

