Réhabilitation et modernisation sont les mots clefs pour matérialiser le projet de la Société Nationale de Raffinage (SONARA) à la suite du sinistre survenu le 31 mai 2019 à Limbe dans la région du Sud-Ouest. Un sinistre qui avait entraîné l’arrêt complet des activités de raffinage. Le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze a procédé ce 29 juin 2026 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, au lancement de la consultation internationale du marché Market Sounding International. Une consultation qui traduit ainsi la volonté du Gouvernement, de restaurer durablement les capacités nationales de raffinage et de renforcer la souveraineté énergétique du Cameroun.
Le projet porte sur la reconstruction des unités existantes ainsi que sur la modernisation des installations stratégiques de la raffinerie, y compris l’unité Hydrocracker (HCK), en vue de leur mise en conformité avec les standards techniques, environnementaux et opérationnels internationaux les plus exigeants. Conformément aux instructions du Président de la République, le projet sera développé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) reposant sur un schéma contractuel intégré de type Design–Build–Finance–Maintain (DBFM), permettant d’assurer la conception, la réalisation, le financement et la maintenance des infrastructures concernées.

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Market Sounding relatif au projet de Réhabilitation et de Modernisation de la SONARA
La consultation internationale du marché réunit des opérateurs industriels, des entreprises d’ingénierie et de construction (EPC), des compagnies pétrolières internationales, des institutions financières, des banques d’investissement, des organismes prêteurs ainsi que des cabinets-conseils spécialisés.

En réalité, cette phase préparatoire, organisée en amont du lancement de la procédure formelle de sélection du partenaire privé, vise à présenter les objectifs du projet, son périmètre technique et les principales options de structuration envisagées ; évaluer l’intérêt du marché ainsi que les conditions de bancabilité du projet ; recueillir les observations et recommandations des acteurs concernés en matière d’allocation des risques, de mécanismes de rémunération et de modalités de participation ; affiner les paramètres techniques, juridiques, contractuels et financiers afin de renforcer l’attractivité et la viabilité du projet.

Cette démarche constitue la première étape d’un processus compétitif et transparent qui se poursuivra par le lancement d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (APMI), suivi d’une phase de Dialogue Compétitif avec les candidats présélectionnés, avant la sélection du partenaire privé et la conclusion du contrat de partenariat.

Jusqu’au 30 juin 2026, les travaux se déroulent sous forme d’ateliers techniques, de séances d’échanges et de rencontres bilatérales avec les membres de l’équipe-projet. Une séance de restitution permettra de présenter les principaux enseignements et recommandations issus des consultations. À travers cette initiative, le Gouvernement réaffirme sa détermination à mobiliser les meilleures expertises techniques et financières internationales en vue de la réalisation d’un projet structurant pour l’économie nationale, contribuant au renforcement de la sécurité énergétique, à l’industrialisation du pays et à la création de valeur au bénéfice des populations.

Le message du Directeur Général de la SONARA Harouna Bako, pour les lecteurs de actu24.info
La Société Nationale de Raffinage (SONARA) est l’unique raffinerie de pétrole du Cameroun, située à Limbé dans la région du Sud-Ouest. Mise en service en 1981, elle a longtemps assuré l’essentiel de l’approvisionnement national en produits pétroliers raffinés avant le sinistre du 31 mai 2019. Elle envisage une augmentation de la capacité de traitement estimée au moins à 3,5 millions de tonnes par an.

En somme, le gouvernement est donc conscient que la réussite d’un tel projet repose sur la confiance des investisseurs. Il est ainsi évident que l’ensemble du processus sera conduit dans le strict respect des principes de transparence, d’équité, de concurrence et de bonne gouvernance garantis par l’Etat. Il est du reste capital de préciser que toutes les étapes de sélection du partenaire privé seront menées conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur et aux meilleures pratiques internationales en matière de partenariats public-privé.

