Réunis le 3 juin 2026 à Yaoundé sous les hautes directives du ministre des Finances et du ministre de la Décentralisation et du Développement local, les responsables de la Direction générale des Impôts (DGI), les conseillers régionaux, les maires ainsi que les représentants des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC) ont fait le point sur l’état d’avancement de la réforme de la fiscalité locale. La rencontre visait également à identifier les actions prioritaires pour renforcer les ressources des collectivités territoriales décentralisées.
Myriam DJAMEN
Présidant les travaux, le directeur général des Impôts, Roger Athanase Meyong Abath, a indiqué que les principaux organes chargés du pilotage de la réforme sont désormais en place. « Tous les organes de pilotage de la réforme ont pris place, notamment avec la création des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers. Le ministre des Finances a nommé les responsables de ces centres. L’arrêté conjoint portant création des unités de suivi de la fiscalité locale a également été signé. Aujourd’hui, tous les organes ont été créés », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette réforme recèle un important potentiel de mobilisation des recettes qu’il convient désormais de transformer en ressources effectives au profit des collectivités territoriales décentralisées. Pour y parvenir, la DGI entend mettre à profit son expertise technique et ses outils de digitalisation, tandis que les élus locaux apporteront leur connaissance du terrain. Le patron des impôts a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer l’immatriculation des contribuables, présentée comme la clé de voûte de la réussite de la réforme. «Nous pensons que la clé de la réussite de cette réforme, c’est l’immatriculation de l’ensemble des contribuables », a-t-il souligné.
La question cruciale du reversement des ressources
Au-delà de l’élargissement de l’assiette fiscale, les participants ont également abordé la problématique du reversement des recettes aux collectivités territoriales décentralisées. Roger Athanase Meyong Abath a rappelé que le nouveau dispositif de paiement électronique Trésor Pay permet désormais une meilleure traçabilité des ressources. Depuis le 1er avril 2026, les communes ont accès en temps réel aux informations relatives aux recettes qui leur sont destinées. Les parties prenantes ont convenu de mettre en place un mécanisme de suivi régulier afin d’évaluer mensuellement l’évolution de la réforme et la mise en œuvre des recommandations adoptées.
Pour Alain Patrice II Minkanda, secrétaire général du Conseil régional du Centre, plusieurs résolutions importantes ont été prises afin de faciliter le transfert des ressources fiscales aux régions. « Il y a des applicatifs qui doivent être fournis afin que les ressources fiscales des régions soient reversées dans les sous-comptes ouverts à la CAMPOST. Le directeur général des Impôts a pris l’engagement d’accélérer leur mise en place et de plaider auprès de son collègue du Trésor afin que les ressources destinées aux régions leur soient reversées dans les meilleurs délais », a-t-il expliqué.
Les collectivités saluent une démarche de concertation
Les élus locaux ont salué l’initiative de la DGI qu’ils considèrent comme une étape importante dans la consolidation du processus de décentralisation. Vice-président des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC), Anicet Akoa a exprimé sa satisfaction à l’issue des échanges. « Nous tenons à remercier le directeur général des Impôts pour cet atelier organisé avec les élus locaux. Nous repartons rassurés par le travail accompli au sein de la Direction générale des Impôts. Cette réforme a besoin de temps pour se construire et mûrir. Le directeur général a privilégié une démarche de co-construction et de travail d’équipe », a-t-il déclaré.
Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’assurer une disponibilité effective des fonds destinés aux collectivités territoriales décentralisées. « Le véritable défi aujourd’hui reste la disponibilité des ressources financières. Les communes ont du personnel à prendre en charge et des missions à accomplir. Pour que la décentralisation fonctionne, il faut que les communes disposent effectivement des moyens nécessaires à leur fonctionnement », a-t-il ajouté. Il s’agit pour la Direction Générale des Impôts et les élus locaux de renforcer leur collaboration afin de faire de la réforme de la fiscalité locale, un levier efficace de la mobilisation des recettes et des financements du développement local pour le mieux-être des populations .

