• juin 5, 2026
  • Last Update juin 5, 2026 3:25 pm
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Du campus à l’entreprise : 500 étudiants lancés dans la révolution de la banane plantain

Du campus à l’entreprise : 500 étudiants lancés dans la révolution de la banane plantain

Le gouvernement camerounais poursuit sa stratégie de promotion de l’entrepreneuriat jeune dans le secteur agricole. Réunis à l’amphithéâtre de l’ENAM à Yaoundé, 500 étudiants issus de cinq Instituts Privés d’Enseignement Supérieur (IPES) ont reçu  ce 3 juin 2026 des kits d’amorçage et des équipements destinés à réduire la pénibilité du travail agricole avant leur départ pour le centre d’incubation spécialisé de la filière banane plantain à Kribi.

Myriam DJAMEN

À travers ce partenariat entre la FBPC et les IPES, les promoteurs ambitionnent de faire de l’incubation un levier concret d’insertion économique des jeunes. L’objectif est de permettre aux étudiants de développer des activités génératrices de revenus avant même l’obtention de leur diplôme. Cette cinquième cohorte est composée de 150 étudiants de l’Université privée Siantou, 150 étudiants de l’Institut Universitaire des Sciences Techniques de Yaoundé (IUSTY), 50 étudiants de l’Institut universitaire sous-régional bilingue Agenla Academy, 100 étudiants de l’Institut universitaire Djankou et 50 étudiants de l’Institut supérieur Fang de Messamena à Bertoua. Selon les responsables du programme, l’étudiant devient un coactionnaire au sein d’une entreprise créée dans le cadre du projet, aux côtés de son établissement et de la filière banane plantain.

Une révolution dans la formation des jeunes

Pour les initiateurs du projet, il est temps de rompre avec le modèle traditionnel qui consiste à attendre la fin des études pour accéder à une activité rémunératrice. Les étudiants bénéficieront d’une formation théorique et pratique avant de créer et d’exploiter des plantations de banane plantain sur des sites mis à disposition par leurs établissements. Le promoteur d’un des IPES partenaires explique que les étudiants continueront normalement leur cursus académique tout en consacrant quelques journées par mois à l’entretien de leurs plantations. « Ils peuvent continuer leur formation dans les domaines de la santé, de la technologie, de la communication ou de la gestion. Cela ne les empêche pas de consacrer un samedi ou deux par mois aux bananeraies. Pendant qu’ils étudient, ils peuvent déjà gagner de l’argent et contribuer à financer leur scolarité », a-t-il indiqué.

Des objectifs ambitieux sur cinq ans

Le programme affiche des ambitions importantes. Il vise notamment l’incubation de 10 000 étudiants au sein de la chaîne de valeur de la banane plantain ainsi que la création de 10 000 entreprises détenues par des jeunes. Les responsables projettent également, pour les 500 premiers étudiants de cette cohorte, un chiffre d’affaires minimum de 855 millions de francs CFA en seulement onze mois après la mise en culture. À terme, le projet prévoit l’installation de petites unités de transformation sur les campus afin de produire des dérivés à forte valeur ajoutée, notamment des chips et de la farine de plantain.

Des étudiants enthousiastes

La cérémonie de lancement a également été marquée par la remise de kits aux bénéficiaires. Étudiante en troisième année à l’IUSTY, Ambassa Marie-Élodie n’a pas caché son émotion après avoir reçu son équipement. « Nous sommes venus recevoir les kits pour le séminaire de bananier plantain afin d’approfondir nos connaissances dans ce domaine. Je n’ai pas les mots pour exprimer ma joie face à ce geste de l’État », a-t-elle déclaré.

Même satisfaction chez Mbekam Alexandra, étudiante à l’Université Siantou. Pour elle, cette initiative représente une opportunité unique. « La première phase sera théorique avant la pratique sur le terrain. Nous allons utiliser les équipements reçus pour mettre en œuvre ce projet. Les jeunes sont fiers et motivés », a-t-elle affirmé.

Tony Obam Bikoue : « Nous allons produire de l’argent »

Prenant la parole devant les étudiants, le président de la Filière Banane Plantain du Cameroun, Tony Obam Bikoue, a salué la mobilisation gouvernementale autour du projet. « Nous sommes en train de révolutionner les dogmes. Dans tous les pays industrialisés, les étudiants ont des emplois. Avec moi, c’est du business. Nous allons produire de l’argent à travers les entreprises de production et de commercialisation de la banane plantain », a-t-il déclaré. Le responsable a insisté sur le fait que l’objectif n’est pas de former des agriculteurs traditionnels mais de véritables chefs d’entreprise capables d’évoluer dans l’ensemble de la chaîne de valeur. Il a par ailleurs rassuré les étudiants sur l’accompagnement de la filière, qui s’étendra sur les onze mois du cycle de production jusqu’à la commercialisation.

Le gouvernement réaffirme son soutien

Présent à la cérémonie, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a encouragé les jeunes à saisir cette opportunité pour contribuer à la transformation économique du pays. S’adressant aux bénéficiaires, il a rappelé que le Cameroun a besoin d’entrepreneurs agropastoraux capables de participer à l’atteinte de l’émergence à l’horizon 2035. « Le chef de l’État vous demande d’oser, de créer et d’innover. Le gouvernement continuera à vous accompagner dans la voie de la réussite et du développement de notre pays », a-t-il déclaré. À travers cette initiative, les pouvoirs publics et les acteurs de la filière banane plantain entendent faire émerger une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs capables de créer de la richesse, de renforcer l’autosuffisance alimentaire et de contribuer durablement au développement économique du Cameroun.

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