Le Conseil National de la Communication (CNC) a frappé fort à l’issue de sa 49ᵉ session ordinaire, tenue le 5 mars 2026. Sept journalistes et animateurs, dont deux du quotidien « Le Jour » et le présentateur de Vision 4, écopent d’un mois de suspension pour manquements à la déontologie, envoyant un signal fort sur la régulation de l’information au Cameroun.
By Myriam Djamegne
Présidée par Joseph Chebongkeng Kalabubse, président du Conseil National de la Communication, la 49ᵉ session ordinaire a examiné douze dossiers relatifs à des infractions présumées à la déontologie journalistique. Au terme des travaux, le CNC a prononcé sept suspensions, trois avertissements, deux non-lieux et deux lettres d’observation à caractère pédagogique.
Deux journalistes du « Le Jour » concernés
La sanction d’Adolarc Lamissia, journaliste au quotidien « Le Jour », fait suite à une plainte de Galax Etoga, Secrétaire d’État auprès du Ministre de la Défense chargé de la Gendarmerie Nationale. L’instance reprochait au journaliste d’avoir publié, dans le numéro 4539 du journal, des informations jugées non fondées et susceptibles de jeter le discrédit sur la Gendarmerie Nationale, à propos d’une opération de sécurisation de la route nationale n°1.
Le CNC a reconnu les mesures correctives déjà prises par le journal et a noté leur atténuation de la faute. Cependant, la gravité de l’infraction a conduit à la suspension d’un mois de Lamissia de l’exercice de sa profession.
Pour Jules Romuald Nkonlak, rédacteur en chef du même journal, la sanction intervient après la publication dans le numéro 4527 d’un article sur les résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, jugé erroné dans l’interprétation des chiffres officiels et en violation de l’opinion publique. Le CNC a également infligé un mois de suspension au journaliste et un avertissement au directeur de publication du journal.
D’autres médias et journalistes sanctionnés
Le quotidien « Le Jour » n’est pas le seul média à avoir été sanctionné. Richard Bondol, Génération Libre de Fotso Fogno, ainsi que Bonney Philippe, nouveau directeur général de Vision 4 et présentateur du programme dominical « Club d’Elite », ont également écopé d’un mois de suspension.
Ces sanctions interviennent dans le cadre de la mission du CNC de garantir la régulation et l’éthique dans les médias camerounais, notamment en matière de véracité de l’information et de respect de la déontologie.
Un signal fort pour la profession
Le CNC rappelle par cette session que la liberté de la presse s’accompagne de responsabilités, et que toute publication susceptible de diffuser des informations erronées ou de nuire à l’ordre public peut entraîner des sanctions disciplinaires.
L’instance a insisté sur la nécessité pour les journalistes et médias de respecter les standards déontologiques, tout en continuant à jouer leur rôle d’informateurs dans le pays.

