Plus de 2 000 Yéménites ont récemment rejoint Djibouti après avoir fui l’intensification des combats dans leur pays. Pour atteindre ce petit État de la Corne de l’Afrique, ces familles ont dû effectuer une traversée maritime particulièrement périlleuse à bord de petites embarcations.
By Myriam Djamen
Le voyage peut durer près d’une journée, exposant les passagers aux risques liés aux conditions de navigation et à la fragilité des embarcations utilisées. Pour ces populations contraintes à l’exil, Djibouti apparaît comme une destination de proximité, malgré les capacités limitées du pays à accueillir un afflux aussi important.
Djibouti face à un afflux croissant de réfugiés
Avec une population d’à peine un million d’habitants, Djibouti affirme rencontrer de plus en plus de difficultés pour faire face à l’arrivée massive de migrants et de réfugiés yéménites.
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) s’inquiète de cette situation et redoute une nouvelle intensification des déplacements si les affrontements se poursuivent au Yémen. Les infrastructures et les ressources disponibles dans le pays d’accueil pourraient ainsi être davantage sollicitées dans les prochaines semaines.
Depuis l’escalade des violences, près de 100 000 Yéménites auraient déjà quitté leur pays. Une partie d’entre eux cherche refuge dans les pays voisins, notamment ceux situés de l’autre côté du golfe d’Aden.
Le détroit de Bab el-Mandeb au cœur des tensions
Cette nouvelle vague de déplacements intervient alors que le conflit oppose toujours les forces gouvernementales aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Ces derniers ont pris le contrôle d’une partie du littoral yéménite, renforçant leur présence autour de zones maritimes stratégiques.
Le détroit de Bab el-Mandeb constitue notamment un point névralgique. Situé entre le Yémen et la Corne de l’Afrique, ce passage maritime relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue une voie importante pour les échanges entre l’Asie et l’Europe.
Les tensions autour de cette zone s’inscrivent également dans un contexte régional marqué par les perturbations du trafic maritime et les tensions avec l’Iran. La poursuite des combats pourrait donc accentuer à la fois les déplacements de populations et les pressions humanitaires dans les pays voisins, au premier rang desquels Djibouti.

