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Cameroun : 1,4 million d’élèves répertoriés sans acte de naissance en 2025-2026

Cameroun : 1,4 million d’élèves répertoriés sans acte de naissance en 2025-2026

Le chiffre a été révélé le 17 septembre 2026 par Alexandre Marie Yomo, directeur général du Bureau national de l’état civil (BUNEC), à l’ouverture d’une table ronde consacrée à la contribution des institutions nationales des droits de l’homme au renforcement des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil.

By Myriam Djamen

Au Cameroun, le déficit d’enregistrement des naissances continue de toucher une part importante de la population scolaire. Au cours de l’année scolaire 2025-2026, quelque 1,4 million d’élèves ont été répertoriés sans acte de naissance, selon les données présentées par le directeur général du BUNEC. Cette situation met en évidence les difficultés persistantes d’accès à l’état civil et leurs conséquences sur l’exercice des droits fondamentaux.

Un déficit d’actes de naissance qui touche les élèves

Alexandre Marie Yomo intervenait à Yaoundé dans le cadre de la table ronde organisée les 17 et 18 septembre 2026 sur le renforcement des systèmes d’enregistrement des faits d’état civil. Il a présenté le sous-enregistrement comme une préoccupation majeure au Cameroun et comme un facteur d’exclusion et de faible visibilité juridique des personnes.

Selon les statistiques du BUNEC citées par son directeur général, 25 % des enfants de moins de cinq ans n’étaient pas enregistrés dans le système d’état civil en 2026. Le phénomène se prolonge dans le système éducatif, avec 1,4 million d’élèves identifiés sans acte de naissance au cours de l’année scolaire 2025-2026.

Cette absence de document d’état civil ne constitue pas uniquement une difficulté administrative. L’acte de naissance permet d’établir l’identité juridique d’une personne et facilite l’accès à plusieurs droits, notamment l’éducation, la santé, la citoyenneté, la protection sociale et les services sociaux de base.

Éloignement des centres, coût et contexte sécuritaire

Le directeur général du BUNEC a identifié plusieurs facteurs à l’origine du sous-enregistrement. L’éloignement des populations par rapport aux centres d’état civil dans certaines localités constitue notamment un obstacle à la déclaration des naissances. Certains centres seraient également confrontés à la vacance prolongée des postes d’officiers et de secrétaires d’état civil, affectant leur fonctionnement.

Des contraintes économiques et sociales sont également évoquées. Le principe légal de gratuité de la délivrance des actes d’état civil ne serait pas toujours respecté, tandis que certaines populations ne mesurent pas suffisamment l’importance de déclarer les naissances dans les délais légaux.

À ces facteurs s’ajoutent des pesanteurs culturelles. Dans certaines communautés, l’enregistrement de la naissance est principalement confié aux hommes. Leurs contraintes et occupations peuvent contribuer à retarder les démarches auprès des services compétents. Enfin, la situation sécuritaire dans certaines localités du Cameroun constitue un autre facteur susceptible de perturber le fonctionnement des services d’état civil.

Le Cameroun mise sur la modernisation du système d’état civil

Face à ces difficultés, le gouvernement camerounais a engagé une réforme du système d’enregistrement des faits d’état civil, avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Cette réforme est mise en œuvre dans le cadre du Plan stratégique pour la modernisation du système d’enregistrement des faits d’état civil au Cameroun 2025-2029.

Selon Alexandre Marie Yomo, ce plan vise notamment à permettre à l’état civil de remplir trois fonctions : juridique, statistique et collaborative, cette dernière étant également présentée comme une fonction d’interopérabilité.

L’objectif est de parvenir à un enregistrement universel des naissances, des décès et des mariages, y compris pour les populations minoritaires, les réfugiés et les personnes déplacées. Une telle évolution doit permettre à ces différentes catégories de disposer d’une identité juridique et d’accéder aux droits qui en découlent.

Cette réforme s’inscrit par ailleurs dans la perspective de l’Agenda 2030 des Nations unies, qui vise notamment à garantir une identité juridique à tous d’ici 2030, ainsi que dans celle de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Avec 1,4 million d’élèves recensés sans acte de naissance en 2025-2026, le défi reste donc considérable. Pour les acteurs réunis à Yaoundé, le renforcement de l’état civil apparaît comme un enjeu à la fois administratif, social et de protection des droits humains.

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